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Ligue Communiste des Travailleurs

Section belge de la Ligue Internationale des Travailleurs -
Quatrième Internationale (LIT-QI)

« L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. » K. Marx

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Un programme ouvrier pour le pays : Pour un Bélarus indépendant !

Au Bélarus actuellement, on parle beaucoup des perspectives pour les relations avec la Fédération de Russie. Pour Loukachenko, tout est clair : il s'est jeté dans les bras de son « grand frère » dans le club des dictateurs. Mais l'opposition s'incline de plus en plus devant Poutine, espérant sa faveur et insistant sur la nécessité de préserver les « relations ». Et en même temps, cette opposition ne cesse de frapper aux portes de l'Union européenne, comme le faisait Loukachenko lui-même jusqu'à récemment. À cet égard, il y a lieu de se pencher sur ce que toutes ces « relations » apportent au Bélarus aujourd'hui.


Parti Ouvrier Internationaliste (POI)
la section russe de la LIT-QI
le 7 octobre 2020


Pourquoi les « relations » avec la Russie pillent le Bélarus

Derrière les « relations » du Bélarus avec la Fédération de Russie se cache une réalité peu attrayante. Concrètement, il s'agit du contrôle et du pillage du pays par les oligarques russes et le régime de Poutine.

Les oligarques russes et le régime de Poutine contrôlent le Bélarus par le biais du commerce. Tout d'abord, ils contrôlent le marché de vente des produits biélorusses. La Fédération de Russie est carrément le principal marché pour les ventes de produits biélorusses. (Un tiers des tracteurs, deux tiers des camions BELAZ, un quart des camions MAZ vont en Russie). D'autre part, elle sponsorise le marché de l'Union économique eurasienne, où va une partie importante de la production restante. L'interruption de l'approvisionnement en produits biélorusses aurait affecté le Bélarus bien plus que la Russie. Ce contrôle du marché est un outil puissant pour exercer des pressions et forcer les conditions. La vente de voitures biélorusses dans la Fédération de Russie, comme les camions et tracteurs BELAZ, se fait par l'intermédiaire de sociétés commerciales contrôlées par la famille Loukachenko, qui accaparent « la part du lion » des bénéfices, « perdue » en dehors du Bélarus. Et les usines sont laissées sans argent, endettées, avec de vieux équipements et de bas salaires pour les travailleurs. En même temps, de nombreuses entreprises de construction de machines au Bélarus dépendent fortement des composants russes (pour MAZ, c'est 60 %).

En outre, la plupart des produits agricoles sont destinés à la Russie. En particulier, le Bélarus est en fait devenu une colonie laitière de la Fédération de Russie : plus de la moitié du lait produit dans le pays y est exporté (3,6 sur 7 millions de tonnes). De 1995 à 2018, la production de lait au Bélarus est passée de 5 millions à plus de 7 millions de tonnes, et la consommation par habitant a chuté de 367 à 250 kg, ce qui est inférieur aux normes médicales. Il s'agit d'un vol direct au pays dans le domaine de l'alimentation de base. La Fédération de Russie « traie » presque littéralement le Bélarus. Et c'est l'une des raisons du coût élevé de la vie : le prix des produits laitiers biélorusses à Minsk tend vers leur prix à Moscou, ou juste un peu plus bas.

En raison du système de gazoducs hérité de l'URSS, les oligarques russes fournissent l'énergie au pays sur une base monopolistique, ayant la possibilité de faire chanter le Bélarus avec les prix et de menacer de priver la population du pays de gaz, comme l'a fait Poutine à plusieurs reprises.

En raison de la conduite du régime de Loukachenko, le Bélarus est devenue un appendice et une colonie commerciale de l'économie oligarchique de la Russie avec des relations commerciales léonines. Il en résulte une balance commerciale négative immuable et énorme avec la Fédération de Russie, d'environ 9 milliards de dollars par an. Pour le Bélarus, il s'agit simplement d'un commerce à perte.

Ce vol est évident dans la structure du commerce. Les principaux produits importés au Bélarus en provenance de la Fédération de Russie sont le pétrole et le gaz. C'est-à-dire, il s'agit d'une production à basse intensité de main-d'œuvre, qui contient principalement des ressources naturelles. Et le Bélarus, au contraire, paie avec des produits issus d'industries à très forte intensité de main-d'œuvre : des machines et des produits laitiers. En d'autres termes, dans une certaine mesure, il s'agit d'un échange de travail humain des travailleurs biélorusses contre un « produit » créé par la nature. Dans ces relations, il n'y a pas l'ombre d'une égalité de droits, ni d'une « fraternité ». À un moment donné, les Etats-Unis ont imposé à l'Irak le programme « pétrole contre nourriture », selon lequel l'Irak donnait son pétrole pour ne pas mourir de faim. Dans un sens, il existe une formule différente dans les relations entre le Bélarus et la Russie : tout (nourriture, voitures) en échange de carburant, pour ne pas geler.

Un autre canal d'exploitation du Bélarus est celui des migrants biélorusses dans la Fédération de Russie, qui sont utilisés comme main-d'œuvre bon marché. Selon diverses données et estimations, entre un demi million et un million de Biélorusses vivent sur le territoire de la Fédération de Russie. Les oligarques russes absorbent alors directement les ouvriers du Bélarus, qui pourraient créer de la richesse dans leur pays.

Il est très important de comprendre cette situation afin d'évaluer correctement les déclarations des politiciens biélorusses concernant la préservation du « vecteur russe », les « relations » et le « partenariat » avec la Fédération de Russie (c'est-à-dire avec les oligarques russes). Ce « vecteur » montre la direction de l'extraction des richesses en nature et sous forme financière du Bélarus vers la Fédération de Russie. C'est cela l'essentiel de « l'État Unifié ».

Le déficit commercial chronique dans les relations avec la Fédération de Russie a été compensé par le droit de Loukachenko à recevoir une partie des recettes pétrolières, en important de Russie du pétrole aux prix intérieurs russes et à exporter des produits pétroliers vers l'Europe aux prix mondiaux. Selon les estimations du FMI, ces recettes ont atteint certaines années 25 % du PIB, et elles représentent aujourd'hui 10 milliards de dollars, ce qui représente environ 15 % du PIB et 40 % du budget consolidé. Et ce n'est pas seulement un montant important qui dépend directement de la volonté du régime de Poutine. Comme toute rente, c'est une source de revenus parasite, dont se nourrissent les « proches ». Le régime de Loukachenko, avec son appareil de pouvoir, est assis sur ce revenu, sur la continuation de la même « tuyauterie » sur laquelle le régime de Poutine est assis. C'est ainsi que le régime Poutine a littéralement corrompu le régime Loukachenko. Poutine et les oligarques russes alimentent le régime de Loukachenko avec leur bureaucratie et leurs forces de sécurité, afin que celui-ci leur permette de se nourrir du Bélarus.

Cependant, même en tenant compte de ces « recettes », l'économie de Loukachenko fonctionne depuis des années avec une perte constante d'au moins un milliard de dollars par an, et parfois plusieurs fois plus. Loukachenko a toujours couvert ce trou financier, d'abord par des privatisations, y compris celle des plus grandes entreprises stratégiques. Grâce au contrôle des carburants, les oligarques russes ont ainsi progressivement accru leur contrôle sur l'industrie pétrolière et gazière du pays. Aujourd'hui, près de la moitié de la raffinerie de pétrole Mozyr est détenue par Slavneft (une entreprise conjointe entre Gazpromneft et Rosneft). En 2013, le régime de Loukachenko a proposé de vendre la seconde moitié de la raffinerie à Rosneft. Mais l'accord n'a pas été conclu, non pas parce que Loukachenko ait changé d'avis, mais parce que l'accord ne convenait pas à Rosneft. Et entre 2007 et 2011, Loukachenko a remis l'ensemble du système de transport de gaz biélorusse à la société russe Gazprom.

D'autre part, Loukachenko a contracté des emprunts, plongeant le Bélarus dans la dette, d'abord envers Poutine. Les dettes envers la Fédération de Russie représentent la moitié de la dette d'État du Bélarus. Dans le même temps, les banques russes (Belgazprombank, Sberbank, dans une moindre mesure VTB et Alfa-Bank) étaient de plus en plus actives dans le secteur bancaire du pays, en en tirant des bénéfices.

Dans le contexte de la crise économique, de la chute des prix du pétrole et de la réduction du gâteau pétrolier, l'oligarchie russe a commencé à augmenter rapidement les prix du pétrole pour le Bélarus, intensifiant le pillage du pays et enlevant une partie des revenus pétroliers au régime de Loukachenko. En exigeant des prix plus élevés, la Russie oligarchique a réduit de moitié l'approvisionnement en pétrole des raffineries du Bélarus. C'est ce qui a été à l'origine des différends entre Loukachenko et Poutine. Et plus Loukachenko empruntait, plus il serrait la ceinture des travailleurs, notamment en relevant l'âge de la retraite. Le dernier emprunt russe de 1,5 milliard de dollars, émis pour sauver le régime de Loukachenko dans les conditions de la révolution actuelle, sera utilisé principalement pour rembourser d'anciens emprunts (le reste ira apparemment aux forces de choc de l'appareil répressif - OMON). Il s'agit d'un cycle classique de la dette, qui ne fait qu'aggraver la situation difficile du pays. La dépendance commerciale se transforme rapidement en dépendance financière, avec des conséquences désastreuses pour l'économie biélorusse et la souveraineté du pays.

Les relations actuelles entre le Bélarus et la Fédération de Russie, consacrées par des traités politiques, sont les plus oppressantes et les plus ruineuses pour le Bélarus. Non seulement ces relations et les accords qui les garantissent ne doivent pas être préservés, mais ils doivent être rompus immédiatement. Sans cela, la devise « Vive le Bélarus » ne restera qu'un beau souhait.

Dans les réseaux financiers occidentaux

La transformation du Bélarus en un appendice de l'économie oligarchique de la Russie n'a pas du tout empêché qu'elle s'enfonce simultanément dans la dépendance financière du capital occidental. Au contraire, plus Loukachenko permettait aux oligarques russes de piller le Bélarus, plus il était obligé de se tourner vers les institutions financières occidentales pour obtenir des prêts.

Ces dernières années, cette dépendance s'est rapidement accrue. L'Occident étend son contrôle au Bélarus principalement par le biais de prêts commerciaux (principalement de banques allemandes, autrichiennes, suisses et américaines, et de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement - BERD) émis par la plus grande banque publique, Belarusbank. Cela est présenté comme un « prêt d'État », mais « l'État » n'y figure que comme garantie de remboursement et de payement des intérêts pour les banques occidentales. Par son intermédiaire, les capitaux occidentaux alimentent diverses industries, étendant leur contrôle et en tirant des profits. Même les grandes usines « d'État » en dépendent fortement. Ces capitaux pénètrent également dans l'industrie laitière. Avec Loukachenko, le Bélarus est également devenu débiteur du FMI.

De 2010 à 2018, de 3,8 à 11 milliards de dollars ont été payés annuellement (à la Russie et à l'Occident) pour la dette extérieure. Cependant, sa taille n'a cessé de croître : de 3 milliards de dollars en 2000 à 40 milliards aujourd'hui. Ce montant représente les deux tiers du PIB et dépasse le budget consolidé de l'ensemble du pays. En outre, 80 % de cette dette, y compris celle envers la Russie, est libellée en dollars, ce qui signifie que la pression sur le Bélarus pour dévaluer la monnaie nationale est de plus en plus forte.

Les 3,8 milliards de dollars versés en 2018 dépassent la totalité des recettes d'exportation agricole du pays. Cela signifie qu'on a retiré d'abord du Bélarus la plupart des denrées alimentaires essentielles produites, puis on a retiré également l'argent payé pour elles. Qu'est-ce que cela signifie, sinon du pillage ?

Le contrôle par les finances occidentales pénètre également dans le pays via la croissante participation directe de sociétés occidentales à la production (surtout des sociétés allemandes, comme Mercedes, Daimler et MAN dans la MAZ), moyennant la fourniture des composants les plus avancés technologiquement et la création d'entreprises communes. Le plus grand producteur de produits laitiers du pays, « Savushkin Product », est une entreprise biélorusse-allemande (c'est-à-dire qu'une partie des bénéfices générés par les travailleurs biélorusses s'échappe vers l'Allemagne). Une partie de l'industrie laitière est sous le contrôle de capitaux français (Danone, Lactalis), ce qui gonfle les finances françaises. Des capitaux de la Russie et de la Pologne y participent également.

La production industrielle dépend en grande partie de l'Occident, d'où proviennent les équipements clés. Plusieurs banques occidentales opèrent dans le secteur bancaire. Les banques étrangères détiennent directement un tiers des actifs du pays. Compte tenu du fait que la Belarusbank, la plus importante en termes d'actifs, est dépendante d'un prêt occidental à un autre, on peut tirer des conclusions sur la souveraineté du pays dans le domaine de la finance, qui « écrème » l'économie et en est le « centre nerveux ». Et la première place en termes de rentabilité parmi toutes les banques est occupée par la banque autrichienne Raiffeisen (Priorbank).

Par divers canaux financiers, 75,09 milliards de dollars ont été extraits du Bélarus entre 2002 et 2011, soit le coût des produits de l'élevage pendant 25 ans ! Aujourd'hui, il est difficile de trouver des données sur l'extraction de capitaux, mais à mesure que le pays s'endette, elle ne peut que croître.

Un aspect distinct de la dépendance est le rôle de transit du pays, principalement dans les relations avec l'Allemagne et la Russie. C'est une source importante de revenus, mais elle dépend entièrement des relations entre les deux grandes puissances.

Et, bien sûr, les oligarques russes disposent d'un canal propre pour l'exploitation du Bélarus par le capital occidental, puisque la plupart des entreprises russes (y compris Gazprom et Rosneft) sont d'une manière ou d'une autre associées au capital occidental et sont endettées auprès des banques occidentales. Par conséquent, les profits réalisés par leur intermédiaire au Bélarus gonflent également les poches du capital occidental.

Le troisième acteur de l'économie biélorusse est le capital chinois (également associé au capital occidental), qui représente un quart de la dette publique, sans compter les prêts pour divers projets industriels (ciment, industrie du bois).

Un programme ouvrier pour un Bélarus indépendant

A cause du gouvernement de Loukachenko, le Bélarus est devenu un pays profondément dépendant de l'économie oligarchique de la Fédération de Russie et des capitaux de l'Union européenne. Et il n'est pas surprenant que cela s'accompagne en pratique d'un effondrement économique. Si cette dépendance n'est pas surmontée, on ne peut pas parler d'une amélioration de la vie des travailleurs et du peuple pauvre. Quelle est la solution pour les travailleurs et le peuple ?

Pour Loukachenko, tout est clair : il cherche son salut dans les prêts de Poutine en échange de l'élimination de ce qui reste de souveraineté au pays. Mais que proposent, par exemple, Tikhanovskaya et le Conseil de coordination ? Ils promettent aux Biélorusses des « paquets d'investissements européens », c'est-à-dire un plus grand contrôle des capitaux européens sur le pays ; et ils préconisent en même temps la poursuite des « relations avec la Russie ». Ils sont prêts à poursuivre le chemin de Loukachenko vers la privatisation avec un transfert croissant d'entreprises sous le contrôle de sociétés étrangères, qui deviendront encore plus riches aux dépens du Bélarus et de sa population. C'est-à-dire, en termes de programme économique, Tikhanovskaya et Loukachenko sont des frères jumeaux. Leur programme économique est anti-ouvrier, anti-populaire et anti-national. Avec toutes les conséquences que cela implique pour les travailleurs, le peuple et le pays.

Les travailleurs et le peuple du Bélarus ont besoin de leur propre issue : une véritable indépendance pour le Bélarus. Le pays ne doit pas être dans les bras des oligarques russes ou dans les mains des banquiers occidentaux, mais dans les mains de ses travailleurs, de son peuple. C'est cela une solution viable pour l'ensemble de notre pays.

Aucune « intégration économique » avec la Fédération de Russie oligarchique !

« L'intégration économique » et « l'approfondissement de l'État unifié » signifient l'absorption définitive et le pillage du Bélarus par les oligarques russes. NON aux relations d'assujettissement à la Fédération de Russie !

Arrêter de payer les dettes accumulées par la dictature aux banques russes et occidentales !

L'argent de toute la dette publique doit être utilisé pour moderniser la production, améliorer les conditions de travail et développer des programmes sociaux.

Interdire l'exportation de profits du pays et nationaliser le système bancaire en une seule banque d'État.

Cela est nécessaire pour arrêter la fuite du pays de capitaux qui sont l'expression monétaire du travail des ouvriers biélorusses.

Nationaliser complètement l'infrastructure pétrolière et gazière du Bélarus.

Aujourd'hui, elle est à la base de la dépendance du pays, mais ce doit être l'inverse.

Introduire un monopole d'État sur le commerce extérieur.

Cela est nécessaire pour mettre fin à l'exportation de nourriture du pays. Avant d'en exporter, il faut fournir des denrées alimentaires de base à l'ensemble du pays ; et il faut en réduire le coût élevé, qui les rend inaccessibles ou insuffisamment accessibles aux Biélorusses.

Le monopole d'État sur le commerce extérieur est également nécessaire pour mettre fin au pillage des usines d'État par les réseaux commerciaux. Le produit du travail des usines d'État doivent être entre les mains des travailleurs et du peuple biélorusses ; l'argent doit parvenir aux usines et aucun accord ne doit être conclu avec des commerçants et des fonctionnaires corrompus.

Les usines d'État doivent être sous le contrôle de leurs travailleurs.

Cela est nécessaire pour que cesse le « drainage » de leurs ressources et leur endettement aux mains de la bureaucratie, pour que soit mis un terme à l'idiotie croissante de la gestion bureaucratique et à l'intimidation des travailleurs par les patrons et les chefs. Cela est nécessaire également pour que les profits des usines ne servent pas à financer les forces de répression.

Une nouvelle industrialisation du pays.

De nombreuses entreprises qui n'ont pas participé à la division internationale du travail ou à des relations spécifiques avec la Russie ont fermé leurs portes ou sont à peine en vie. Et les usines d'État en activité sont en mauvais état, fonctionnant avec des équipements obsolètes et de mauvaises conditions de travail. Les ressources obtenues en mettant fin au pillage du pays doivent être orientées vers une nouvelle industrialisation, qui donnera un emploi à chacun, notamment en permettant aux migrants de retourner dans leur pays d'origine et de ne pas être contraints de chercher une vie meilleure dans un autre pays.

Une amélioration radicale de la situation des travailleurs.

Réduire la journée de travail à six heures pour que chacun puisse continuer à travailler. Augmenter les salaires, et mettre fin à la division des salaires en salaire de base et bonus, ce qui est une forme de chantage aux travailleurs. Pour un salaire complet garanti.

Pour un gouvernement des travailleurs !

Tout cela peut être fait. Et le peuple biélorusse ne restera pas seul dans cette situation : on peut déjà constater la grande solidarité que notre lutte génère entre les travailleurs et les peuples des pays voisins : Ukrainiens, Lituaniens, Polonais et autres peuples, y compris une partie importante des travailleurs de la Fédération de Russie. Partout dans le monde, les travailleurs ont les mêmes problèmes. Ensemble, nous pouvons tout faire. Mais la réalisation de ce programme ouvrier n'exige pas « un président bon et correct » pour gouverner le capitalisme biélorusse, en poursuivant la même politique économique de subordination du pays aux oligarques russes et aux banquiers occidentaux. Pour mener à bien le programme ouvrier, la mise en place d'un gouvernement des travailleurs est indispensable.

A bas la dictature de Loukachenko !

Aujourd'hui, le chemin vers la réalisation du programme ouvrier passe par le renversement et la liquidation complète de la dictature anti-ouvrière de Loukachenko, la conquête des libertés démocratiques : liberté d'expression, de presse, de réunion, de manifestation, de droits syndicaux. Ce qu'il faut, ce n'est pas seulement un changement de chef du régime, ni un « transfert progressif du pouvoir », ni « par accord » (ce qui sera impossible sans garanties d'immunité pour les forces répressives), mais la destruction totale, la dissolution de tout le corps répressif, et le tribunal populaire pour juger ses membres. Nous n'oublierons pas, nous ne pardonnerons pas !

Pour l'indépendance du Bélarus !
Vive notre révolution biélorusse !
Vive le Bélarus !