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Ligue Communiste des Travailleurs

Section belge de la Ligue Internationale des Travailleurs -
Quatrième Internationale (LIT-QI)

« L'émancipation des travailleurs sera l'œuvre des travailleurs eux-mêmes. » K. Marx

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15 février 2015

Rejetons la demande d’Obama d'envoyer des troupes !

Plus de six mois sont passés depuis que les Etats-Unis ont commencé leurs attaques aériennes « restreintes » contre les positions de l’Etat Islamique (E.I.) en Irak, une mesure qu’ils ont étendue en septembre dernier au territoire syrien, avec l’aval du dictateur al Assad. Et maintenant, le Président Obama a demandé au parlement de son pays, le Congrès, l’autorisation formelle de pouvoir engager des troupes au sol contre l’E.I. pour une période de trois ans et sans détermination de zone géographique précise.
   C’est la première demande de « Résolution de Pouvoirs de Guerre » demandée par un Président étasunien depuis 2002, quand George W. Bush avait fait de même pour l’invasion de l’Irak. La demande d’Obama essaye de surfer sur l’impact dans l’opinion publique des exécutions atroces des otages étasuniens et d’autres nationalités que l’E.I. a commis dans les zones qu’il contrôle. Par ce mécanisme, Obama prétend, en fait, donner un caractère officiel, devant le Congrès, à des mesures qui sont déjà en cours d’exécution ; c'est-à-dire, recevoir une autorisation du parlement qui lui permettrait d’avoir les mains libres pour décider de l’usage de soldats sur le terrain et de s'assurer davantage de « légitimité » pour ses actions.
   Cependant, Obama exclut « des opérations de combats terrestres, à plus long terme et à grande échelle, comme celles réalisées par les Etats Unis en Irak et en Afghanistan ». Et il insiste : « Pour réaliser ces opérations, des forces locales devraient être déployées, plutôt que des forces militaires des EE.UU. »
   Concernant la fonction concrète de ces soldats étasuniens, le Président ajoute : « L’autorisation que je propose permettra plus de flexibilité pour mener des opérations de combats terrestres dans des circonstances plus pointues, comme des opérations de “sauvetage” ou l’usage de forces spéciales contre la direction de l’E.I. » Les effectifs militaires seraient utilisés également pour la récolte et l'échange d'informations d’intelligentsia ou pour l'assistance à des troupes d'« alliés locaux ». De fait, les Etats Unis maintiennent en Irak plus de 2 000 soldats et « assistants » de l’armée iraquienne depuis le début de l’offensive de l’E.I. en juin 2014, des effectifs qui s’ajoutent aux quelque dix mille soldats toujours casernés en Afghanistan.
   La LIT-QI rejette cette demande d’Obama, qui n’est rien d’autre qu’une tentative d’intensifier encore l’agression militaire de l’impérialisme étasunien contre la souveraineté de l’Irak, la Syrie et tout le Moyen Orient. C’est pourquoi nous lançons un appel à toutes les organisations sociales, démocratiques et de gauche pour se mobiliser et mettre sur pied une large campagne anti-impérialiste.
   Reste à voir quelle sera la décision du Congrès, mais l’intention d’Obama est claire. L’impérialisme est toujours dans l'impossibilité d'utiliser toute sa puissance militaire, étant donné le « syndrome de l’Irak », mais il essaye d’augmenter sa présence dans une région qui est secouée depuis quatre ans par un processus révolutionnaire, se réservant la possibilité d'intervenir dans les pays d’Afrique où l’E.I. est présent. L’usage de sa force militaire, même de façon limitée, a clairement pour objectif de contribuer à la défaite des révolutions au Moyen Orient et dans l’Afrique du Nord.
   C'est d'autant plus le cas, maintenant qu’une ample alliance militaire – composée par les Kurdes en Syrie (avec à l’avant-garde leurs courageuses femmes combattantes), les Kurdes iraquiens (les peshmergas), les milices kurdes turques du PKK et les brigades de l’Armée syrienne libre – a mis l’E.I. en échec à Kobané, après 134 jours de lutte complètement inégale.
   La victoire de la nation kurde et des brigades antidictatoriales syriennes sur l’E.I., un ennemi supérieur en nombre et en armement, représente un air frais d’optimisme pour le moral des peuples de la région.
   La lutte de Kobané a démontré que les peuples du Moyen Orient n’ont pas besoin de la « protection » de l’impérialisme pour expulser les djihadistes et leurs dictatures théocratiques et fascistes. L’intervention sur le terrain, de la part des Kurdes et des rebelles syriens, fut la raison principale de la défaite de l’E.I., reléguant au second plan les « attaques sélectives » des EE.UU. et de leurs « alliés » arabes.
   Ce dont on a besoin à Kobané, à Alep et dans toute la Syrie, ce sont des armes lourdes et de la technologie militaire de pointe, et pas des bombardements ni des troupes impérialistes !
   L’impérialisme est non seulement hypocrite ; il est également incapable de combattre la barbarie de l’E.I., pour la simple raison que les EE.UU. sont le plus grand terroriste de l’histoire mondiale, et du Moyen Orient en particulier, où il y promeut des guerres et des génocides depuis plusieurs dizaines d'années.
   Kobané montre le chemin à suivre : une ample unité militaire pour évincer le « Califat » de l’E.I., la dictature d’al Assad et toutes les dictatures et gouvernements de la région, invariablement des alliés ou « partenaires » de l’impérialisme.
   Nous ne devons avoir aucune confiance dans les « interventions humanitaires ». Le pouvoir des mobilisations révolutionnaires des peuples a réussi à renverser cinq dictatures depuis 2011 (Ben Ali, Moubarak, Khadafi, Saleh, Morsi) ; le processus révolutionnaire, malgré ses hauts et ses bas inévitables, n’a pas été évincé.
   La lutte acharnée en Syrie en est une preuve, et celle de Kobané la confirmation. Toute la confiance des révolutionnaires, et des militants démocratiques en général, doit être posée dans cette capacité de mobilisations et de résistance des peuples du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord !

Secrétariat International de la LIT-QI
15 février 2015

Bas les pattes impérialistes du Moyen Orient !
Des armes lourdes pour les milices syriennes et kurdes !
A bas le « Califat » de l’E.I. et la dictature d’al Assad !